Indicateur 25 Qualiopi : quand l’innovation pédagogique s’inspire des neurosciences

Rédigé par Marianne Torreborre | Temps de lecture : 9 min

L’indicateur 25 Qualiopi demande à chaque organisme certifié de mener une veille sur les innovations pédagogiques et technologiques, et surtout d’en exploiter les enseignements. Sur le terrain, cet indicateur reste souvent le plus mal compris : beaucoup l’associent uniquement au numérique ou à l’intelligence artificielle.

Pour illustrer une lecture plus large, voici un exemple concret, croisé récemment lors d’un accompagnement : l’usage du neurofeedback dans un bilan de compétences, chez le cabinet Aktasens fondé par Emmanuelle ROUAUD.

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Zoom sur l’indicateur 25 : innovation pédagogique

Le référentiel national qualité Qualiopi attend une veille active sur les innovations pédagogiques et technologiques susceptibles de faire évoluer vos prestations. Il ne s’agit pas de suivre une tendance pour la forme, mais de démontrer que cette veille nourrit concrètement votre pratique.

Cet indicateur appartient au critère 6, aux côtés de l’indicateur 24 sur la veille métiers et compétences. Les deux se complètent, mais ne se confondent pas : l’un regarde votre secteur d’activité, l’autre regarde vos méthodes pédagogiques elles-mêmes.

L’innovation pédagogique ne se limite pas au numérique

C’est le point que je souligne le plus souvent en accompagnement. Une innovation pertinente peut venir des neurosciences, de la psychologie cognitive, ou de toute discipline qui améliore concrètement les conditions d’apprentissage ou de réflexion de vos bénéficiaires. L’essentiel, pour l’indicateur 25, est de savoir expliquer pourquoi cette innovation sert votre prestation, pas seulement de la mentionner.

Portrait : Emmanuelle Rouaud, une pluridisciplinarité qui explique cette innovation

Pour comprendre pourquoi Aktasens a fait ce choix, il faut regarder le parcours de sa fondatrice. Emmanuelle Rouaud a travaillé vingt ans pour des multinationales, dans le management de projets globaux et complexes, d’équipes multiculturelles à distance, et l’optimisation d’organisations, dans l’industrie automobile, le textile et la pharmaceutique. Ses domaines d’expertise : les achats industriels, la maîtrise d’ouvrage informatique et le service client après-vente.

En parallèle de cette carrière, elle a développé des compétences en ressources humaines : conception et animation de formations, conduite du changement, facilitation de groupes de pairs, accompagnement d’ateliers de codéveloppement. Elle résume elle-même cette trajectoire ainsi :

« Portée par ma passion d’apprendre et de découvrir le monde, j’ai vécu, étudié et travaillé plusieurs années à l’étranger. Cette pluridisciplinarité fait partie de mon ADN, et je continue à la développer et à la transmettre depuis que j’ai créé Aktasens en 2018. »

Emmanuelle Rouaud, fondatrice d’Aktasens.

C’est cette double culture, celle du pilotage de projets complexes et celle de l’accompagnement humain, qui explique pourquoi Aktasens ne s’est pas arrêtée à un bilan de compétences « classique » : la fondatrice a cherché une méthode capable de traiter un obstacle qu’elle observait régulièrement chez ses bénéficiaires, avant même de parler de projet professionnel.

L’exemple concret : le neurofeedback appliqué au bilan de compétences

Aktasens, organisme certifié Qualiopi, propose une formule de bilan de compétences baptisée « Nouvel Élan », construite autour d’un constat simple : avant de choisir une direction professionnelle, encore faut-il retrouver la capacité de réfléchir sereinement. Beaucoup de bénéficiaires arrivent en bilan fatigués, dispersés, ou en sortie de période de forte charge mentale, ce qui compromet la qualité même du travail de réflexion attendu.

Pour répondre à ce constat, Aktasens s’appuie sur un partenariat avec le cabinet Neurosereine, dirigé par Émilie Pinheiro, praticienne en neurofeedback EEGq et biofeedback basée à La Boisse, près de Lyon. Le neurofeedback est une méthode indolore et non invasive, fondée sur l’observation de l’activité cérébrale, qui accompagne le cerveau dans ses capacités naturelles d’autorégulation.

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Ce que ça change concrètement pour les bénéficiaires

C’est précisément ce point qui, à mon sens, distingue une innovation réellement exploitée d’un simple argument marketing. Aktasens ne présente pas le neurofeedback comme un gadget ajouté au bilan : la formule Nouvel Élan articule clairement quatre apports concrets.

  • Récupérer pour mieux se projeter : après un burnout ou une période de forte charge mentale, il devient difficile d’identifier clairement ses besoins et ses priorités. Les séances visent à redonner les ressources cognitives nécessaires pour se projeter sereinement.
  • Une approche complémentaire : l’association du bilan et du neurofeedback vise à construire un projet professionnel qui respecte davantage l’équilibre de la personne, via la régulation du stress et une meilleure disponibilité mentale.
  • Un parcours personnalisé : certains paramètres de l’activité cérébrale sont observés pour individualiser les séances selon le fonctionnement propre de chaque bénéficiaire, sans stimulation électrique ou magnétique.
  • Une méthode issue des neurosciences : l’approche s’appuie sur l’observation et l’entraînement de l’activité cérébrale, pas sur une promesse vague de bien-être.

Autrement dit, l’innovation ne remplace à aucun moment le bilan de compétences lui-même : elle en améliore les conditions de réalisation. C’est cette articulation précise, entre l’outil innovant et l’objectif initial de la prestation, que je recherche en audit quand un organisme revendique une innovation pédagogique au titre de l’indicateur 25.

Précision importante, que je retiens aussi comme un signe de sérieux professionnel : Aktasens rappelle explicitement que cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire. C’est exactement ce type de cadrage qu’un auditeur apprécie retrouver dans la présentation d’une innovation pédagogique, plutôt qu’une promesse thérapeutique non maîtrisée.

Un organisme qui donne du poids à cette innovation par son expérience

Aktasens accompagne des bénéficiaires depuis 2018 : plus de 500 personnes coachées, formées ou accompagnées, pour plus de 3 000 heures d’accompagnement cumulées. Cette antériorité compte : elle signifie que la formule Nouvel Élan ne repose pas sur un essai isolé, mais sur une pratique déjà éprouvée à l’échelle de centaines de parcours.

Au-delà de cette formule spécifique, Aktasens propose plusieurs formats pour s’adapter aux besoins de chacun.

  • Des bilans de compétences individuels, avec plusieurs options selon le contexte de la personne.
  • Un bilan de compétences collectif, baptisé « L’Équipage ».
  • Une prise en charge possible directement par l’entreprise du bénéficiaire.

Pour découvrir l’ensemble de ces formules : le bilan de compétences Nouvel Élan, les bilans de compétences individuels, le bilan de compétences collectif L’Équipage.

Ce que cet exemple illustre pour votre propre veille

Vous n’avez pas besoin de reproduire cette démarche pour répondre à l’indicateur 25. L’essentiel est la méthode : identifier une innovation pertinente pour votre activité, comprendre pourquoi elle sert vos bénéficiaires, et documenter cette réflexion, même brièvement.

  • Notez la source de l’innovation repérée (article, rencontre professionnelle, retour d’expérience d’un pair).
  • Expliquez en quelques lignes ce qu’elle change concrètement pour vos bénéficiaires, comme le fait Aktasens avec ses quatre apports clairement énoncés.
  • Précisez si elle a été testée, adoptée, ou seulement identifiée pour une veille future.

Pour structurer cette habitude plus largement, consultez notre article Faire une veille pour les organismes de formation : quels outils ?.

Qui est concerné : tout organisme certifié Qualiopi, quelle que soit son activité (formation, bilan de compétences, VAE), qui doit démontrer une veille en innovation pédagogique réellement exploitée, et non simplement affichée.

Source : https://www.magnific.com/fr

Et si vous êtes vous-même consultant en bilan de compétences ?

Je ne réalise pas de bilans de compétences, car ce n’est pas mon métier (je suis formée mais pour mieux accompagner mes clients). Mon expertise consiste plutôt à accompagner les consultants de ce secteur vers l’obtention de leur certification Qualiopi, avec toutes les spécificités que ce dispositif implique.

  • Vous cherchez à faire un bilan de compétences ? Je vous invite à contacter Emmanuelle Rouaud.
  • Vous êtes consultant et visez la certification Qualiopi ? N’hésitez pas à me contacter directement !

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Si c’est votre cas, consultez nos articles Pourquoi la supervision est indispensable pour les consultants en bilan de compétences , Atteindre l’excellence avec une approche créative et bienveillante, Faire une veille pour les organismes de formation : quels outils ?

FAQ — Indicateur 25 et innovation pédagogique

L’indicateur 25 impose-t-il d’utiliser des outils numériques ?

Non. Toute innovation pédagogique ou technologique pertinente pour votre activité peut répondre à cet indicateur, y compris une méthode issue des neurosciences ou de la psychologie cognitive.

Comment savoir si une innovation mérite d’entrer dans ma veille ?

Posez-vous une seule question : en quoi améliore-t-elle concrètement l’expérience ou les résultats de vos bénéficiaires ? Si la réponse est claire et démontrable, comme chez Aktasens, elle a sa place dans votre veille.

Le neurofeedback est-il un dispositif médical ?

Non, et Aktasens le précise clairement : c’est un accompagnement complémentaire, qui ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

Dois-je tester une innovation avant de la mentionner dans ma veille ?

Non, une innovation simplement identifiée et analysée peut déjà nourrir votre veille. L’exploitation réelle, comme chez Aktasens après plusieurs années de pratique, vient renforcer votre preuve dans la durée.

En conclusion : une veille utile est une veille qui sert vos bénéficiaires

L’indicateur 25 ne récompense pas la nouveauté pour elle-même, mais la capacité à en tirer un vrai bénéfice pour vos bénéficiaires. L’exemple d’Aktasens le montre bien : une innovation pertinente, portée par un parcours professionnel cohérent, expliquée avec sérieux et sans survendre ses effets, devient une preuve solide plutôt qu’un simple argument marketing.

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Sources